Point de Mire

« Les Suisses de l’étranger sont une richesse »

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Maurice Baudet a consacré le plus clair de sa carrière à la gestion indépendante, successivement au sein du groupe Bearbull et de Coges Corraterie Gestion. Président de l’Association Suisse des Gérants de Fortune (ASG) de 1993 à 1997, il en a également été le directeur général entre 2002 et 2007. Pendant ces six années il a assumé aussi la fonction de rédacteur responsable de «Denaris», la revue de l’ASG. Maurice Baudet reste aujourd’hui actif dans sa profession comme conseiller indépendant. Il est en outre étroitement associé à Point de Mire en tant que membre de son Comité de rédaction

Cette jolie formule est d’Alain Berset, dans une allocution tenue récemment devant le congrès de la Cinquième Suisse à Bâle. Notre Conseiller fédéral a également formulé à cette occasion le souhait que soit trouvée une « solution adéquate » aux problèmes bancaires de nos compatriotes parsemés aux quatre coins du globe. Sous cette aimable litote se dissimule le refus de notre gouvernement de se mêler du conflit qui empoisonne depuis près de dix ans les relations entre les banques helvétiques et nos expatriés. Ces derniers se voient en effet refuser l’ouverture de comptes, supprimer leurs cartes de crédit, bloquer des transactions voire geler leurs avoirs, au nom des nouvelles règles qui régissent les relations dites « cross border ».
Le problème est loin d’être anodin : rappelons au passage que la Cinquième Suisse, c’est un Helvète sur huit. Nombre d’entre eux travaillent pour des sociétés suisses, ou ont conservé des intérêts dans notre pays. Ils sont donc un moteur de notre propre économie.
L’Organisation des Suisses de l’Etranger (OSE) a tout tenté, approchant les banques directement, puis l’Ombudsman et l’ASB et enfin les départements fédéraux concernés. Peine perdue : le conflit se traite aujourd’hui dans l’arène politique. Une première motion déposée par Roland R. Büchel, membre du conseil de l’OSE, a échoué à trois voix près devant le Conseil National en mai dernier. Filipo Lombardi vient de remettre un nouveau texte signé par 35 conseillers devant les Etats.
Cette nouvelle action amènera peut-être les banques à renoncer à leur absurde politique discriminatoire qui, relève Remo Gysin, président de l’OSE, « discrédite la place financière et nuit à la Suisse ». Il relève avec pertinence la responsabilité particulière des banques d’importance systémique, qui jouissent d’une garantie implicite de la Confédération, ainsi que de PostFinance et des banques cantonales, en mains publiques.
Nos instituts bancaires ne pourraient-ils pas sortir de la léthargie intellectuelle que trahit leur position du refus ? Ce serait souhaitable avant qu’ils ne reçoivent une claque magistrale de la part du Parlement.