Point de Mire

Prévoyance: faut-il mieux protéger les femmes?

Pasquale Zarra 900Paquale Zarra, Directeur, PensExpert SA, Lausanne,

Décembre 2017:

Titulaire du Diplôme fédéral de gérant de caisse de pension, Pasquale Zarra est responsable du développement du marché suisse romand pour la Maison lucernoise PensExpert SA dont il est associé et, depuis 2010, Directeur de sa succursale lausannoise. Créée à Lucerne en mai 2000, PensExpert SA propose, depuis bientôt douze ans, des solutions innovantes en matière de prévoyance professionnelle en ce qui concerne la partie surobligatoire du 2e pilier et la prestation de libre passage.

Des voix reprochent à la LPP de ne pas être adaptée aux besoins actuels des femmes en matière de prévoyance. Les femmes occupant plus de temps partiels que les hommes, interrompant plus souvent leur carrière et touchant des salaires inférieurs, devraient pouvoir bénéficier d’une retraite plus adaptée. C’est vrai. Mais alors, qu’en est-il des jeunes qui poursuivent des études toujours plus longues mais peinent à trouver du travail ? Quid des indépendants sans 2e pilier ou encore des personnes en fin de carrière ? On le voit, dès lors qu’une loi, par définition universelle, cible un groupe en particulier, on risque de tomber dans l’arbitraire.
Cela dit, soyons clairs : oui, la prévoyance mérite une réforme. Mais une réforme qui ne cherche pas à plaire à un groupe en particulier, mais à s’adapter au profil de chaque assuré.
Des pistes existent. Citons-en deux : l’âge de la retraite flexible et la baisse du montant minimum de coordination. Dans le premier cas, le principe veut que le départ en retraite puisse être différencié selon le parcours et les niveaux de cotisation des assurés. Il existerait ainsi un âge de référence, mais adaptable selon les profils. Cela mettrait un terme au débat sur l’augmentation de l’âge de retraite pour les femmes. Quant à la seconde piste, elle aura certes un coût. Mais en trouvant un équilibre entre le nombre d’années de travail et une hausse des cotisations adapté aux profils des assurés, on permet enfin aux plus petits salaires – que touchent bon nombre de femmes – de mieux planifier leur retraite. Tout en épargnant les contribuables.
Sans distinction de sexe, les assurés dans leur ensemble, n’ont pas besoin d’être mieux protégés, mais d’avoir plus de choix, et donc plus de responsabilités dans la manière de gérer leur retraite. Qu’attend-on pour enfin oser explorer cette voie ?