Point de Mire

ROUX DEVYLDER & Associés :Les docteurs en entreprise

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Titulaire d’un diplôme d’ingénieur en Génie Biologique et d’un DEA en Biologie Moléculaire et Cellulaire, après une carrière dans l’industrie chimique (parapharmacie, encres d’imprimerie, …), Jean-Pierre Chassagnolle a rejoint, en 2007, ROUX DEVYLDER & Associés, spécialisée dans les conseils en management d’entreprise. Il en assume la présidence depuis 2011.

Depuis 1987, le cabinet revendique le titre de « Docteurs en entreprise ». Acteurs de terrain, ses experts aident les entreprises à surmonter les crises avec, à leur origine, des tensions entre des personnes. Dans un premier temps, les différents points de vue sont réunis, ensuite les facteurs à l’origine des tensions sont identifiés. Enfin, une solution, dans l’idéal basée sur un consensus, est élaborée, et, d’un commun accord entre les différentes « parties », mise en œuvre.

Depuis deux ans, ROUX DEVYLDER & Associés a noué un partenariat stratégique avec ISSENDIS. Jean-Pierre Chassagnolle était à la recherche d’une approche méthodologique basée sur des indicateurs irréfutables, donc en quelque sorte d’une « station météorologique » fiable pour déterminer le climat social au sein de l’entreprise et pour agir à bon escient. ISSENDIS a été en mesure de fournir les outils.

Par ailleurs fasciné par l’émergence des nouvelles technologies et de leur impact sur l’écosystème financier et bancaire, et la résolution et surtout la prévention de conflits en fait partie, Jean-Pierre Chassagnolle s’est demandé comment contribuer à la réflexion. Avec ISSENDIS et ses partenaires suisses, il est membre fondateur de The Swiss Fintech Convention (TSFC) dont il assume la présidence. Club de réflexion, The Swiss Fintech Convention (TSFC) organisera un colloque de réflexions début février 2017.

Trois questions posées au « Médecin en chef »

Interview pour Point de Mire réalisée par Daniel Stanislaus Martel

1. PdM : D’après vous, dans quelle manière les Fintech vont-elles influencer le climat social dans l’entreprise ?

 Jean-Pierre Chassagnolle : Il est indubitable que l’essor des Fintech, et plus généralement des nouvelles technologies, vont bouleverser l’organisation du travail au sein de l’entreprise. La désintermédiation naissante, induite par la multiplication des plateformes collaboratives et « l’ubérisation » de l’économie, source éventuelle de précarisation, sont de réels facteurs d’inquiétude pour les collaborateurs. Ne voit-on pas d’ailleurs des conflits sociaux émerger, les taxis Uber en étant le symbole ?

Le spectre du remplacement de l’Homme par la machine est plus vivace que jamais.

2. PdM : Quels nouveaux conflits traçables aux Fintech voyez-vous apparaître dans les institutions de la finance ?

J.-P. C. : Je préfère plutôt parler de transformation radicale de l’écosystème bancaire et financier que de conflits. Les Fintech sont un puissant vecteur de productivité ; automatisation des tâches administratives, robotisation des transactions sont des évidences. Quid de cet impact sur l’emploi ? Les Fintech permettront l’émergence de nouveaux acteurs sur la place financière. N’oublions pas le merchandising du « Big Data » comme relais de croissance. Et que dire du « Blockchain » qui peut à court terme poser la question des « Tiers de confiance » et à long terme la question du fondement juridique des Etats. Enfin, les « garde-fous », que sont l’éthique et la réglementation, permettront de « calibrer » le nouveau système.

Et je rappellerai que nous sommes qu’aux balbutiements de l’intelligence artificielle. Soyons humbles dans « nos prédictions ».

PdM : Vous assumez la présidence de The Swiss Fintech Convention (TSFC) et surtout vous êtes à plein dans l’organisation de son premier colloque. Qu’est-ce qui vous motive dans cette aventure ?

J.-P. C. : Rappelons tout d’abord que la création de l’association The Swiss Fintech Convention (TSFC) est une démarche collective. Nous ne souhaitions pas succomber aux phénomènes de hype. Regardez ! Nous avons eu une saturation de l’espace médiatique à propos du Big Data, puis du Fintech. Aujourd’hui, c’est la Blockchain ? Quel sera le prochain ? Nous sommes convaincus que l’émergence des nouvelles technologies et le progrès de l’intelligence artificielle vont bouleverser à court et moyen terme des pans entiers de l’économie, dont la finance et la banque. Les répercutions seront multiples à plus d’un titre : juridique, organisation du travail…

Aussi avons-nous décidé de proposer sur la place de Genève un espace de réflexion pour débattre des changements à venir. Ainsi s’est créée l’Association The Swiss Fintech Convention (TSFC) dont j’ai l’honneur d’assurer la présidence. Au travers de l’association, nous souhaitons surtout contribuer au débat public à propos du Fintech. A cette fin, notre premier colloque aura lieu à Genève début février 2017. L’une des thématiques sera la conciliation de l’humain et du digital, donc on se retrouve en pleine résolution de conflits entre humains dans l’entreprise.