Point de Mire

Point de départ
par Anton W. Sussland

S’il est bien un sujet qui suscite des débats passionnés, c’est bien celui des retraites ! Si les retraites et leur mode de financement font autant jaillir les émotions, c’est que ce sujet est au croisement de l’économie froide et mathématique d’une part, et de nos valeurs sociales d’autre part. Comment réconcilier les chiffres et un idéal de société qui cherche à protéger nos ainés ? Et ce n’est pas tout. Les taux de natalité sont en baisse et on voit un éclatement de la structure familiale classique : les enfants sont de moins en moins enclins (ou n’ont pas les moyens) à subvenir aux besoins de leurs parents dont l’espérance de vie ne cesse – heureusement – de croître. En Suisse, il faut se rappeler que lorsque la loi fédérale sur l’assurance vieillesse et survivants (AVS) a été approuvée en votation populaire le 6 juillet 1947, l’espérance de vie des hommes était de 66 ans avec un âge de la retraite fixé à 65 ans ! Statistiquement, un retraité suisse ne touchait sa rente qu’une année ! Reconnu par tous, le système actuel de financement des retraites n’est pas tenable, mais le courage politique manque pour les réformes. Jouer la montre ne fait qu’aggraver la situation… La rendre de plus en plus instable… Au premier plan des victimes, on trouve les personnes actives de la tranche des 50 à 60 ans. En effet, en cas de changement (inévitable) du système de financement des retraites, cette tranche de la population ne bénéficiera pas des périodes de transition (en douceur ?) dont bénéficieront probablement leurs ainés, plus proches de la retraite. Et contrairement aux générations plus jeunes, nos jeunes quinquagénaires n’auront pas le luxe de pouvoir compter sur de nombreuses années de travail pour pouvoir mettre plus d’épargne de côté… Ils devront prendre en main la planification de leur retraite !

à lire: Point d’arrivée, par Anton W. Sussland