Point de Mire

Simple pause sur les marchés, ou correction à venir ?

Bernhard Wenger, State Street Global Advisors (SSGA), Head of SPDR ETF’s Switzerland

bw_edito_19092017

Depuis le début de l’année, les investisseurs ont profité de rendements solides sur le plan des actifs risqués, et leur positionnement reflète toujours cet optimisme globalement partagé. Les événements de ces derniers mois pourraient toutefois déstabiliser les marchés, que ce soit entre autres les tensions en Corée du Nord et au Moyen-Orient ou l’instabilité politique créée par le président américain Donald Trump.

Dans cet environnement, que peuvent attendre les investisseurs pour le reste de l’année et à l’approche de 2018 ? Confrontés à des perspectives invariablement positives, mais aussi récemment à une perte de vitesse, nombre d’entre eux se demandent comment se positionner pour les derniers mois de l’année.

Dans l’ensemble, les marchés mondiaux font preuve d’une certaine complaisance et ont pour l’instant ignoré les risques politiques ; les fervents défenseurs de la mondialisation espèrent de plus que la fin de l’année marquera la fin du sentiment populiste anti-système, à la suite des défaites électorales subies par les partis nationalistes en France et aux Pays-Bas. Toutefois, l’indice d’incertitude des politiques économiques (Global Economic Policy Uncertainty Index) demeure supérieur à sa moyenne de long terme et dépasse les niveaux enregistrés durant la crise financière. Conjuguée aux valorisations tendues des actions et aux rendements affaiblis des actifs sous-jacents historiquement rémunérateurs, cette incertitude nous incite à privilégier une approche plus prudente à l’avenir et à prendre acte des risques potentiels.

L’opinion restant très favorable à l’égard des actifs risqués (comme les actions mondiales ou les obligations émergentes), de nombreux investisseurs envisagent désormais des solutions alternatives comme les stratégies de faible volatilité ou bien les obligations convertibles. Ces stratégies fournissent en effet une protection tout en permettant de rester investi. Les obligations convertibles offrent par exemple une solution unique pour les investisseurs, en combinant des caractéristiques liées aux obligations et aux actions. Remontant à la décennie 1860 – 70 et au financement des chemins de fer américains, cette structure permet aux émetteurs d’emprunter à des taux moins élevés, en donnant en retour à l’investisseur la possibilité de participer à la croissance de la société via une option de conversion en action. Il y a un peu plus de deux ans, SPDR a lancé le tout premier ETF sur les obligations convertibles internationales en gestion passive. L’attrait de ce support en matière de diversification, de gestion des pertes maximales et son potentiel de protection contre la hausse des taux d’intérêt ne sont que quelques-unes des raisons pour lesquelles les investisseurs devraient détenir cet actif en portefeuille.

Autre solution pour s’adapter aux fluctuations du sentiment de marché : s’orienter vers les secteurs actions. L’investissement sectoriel est repassé sur le devant de la scène sur fond de repli des corrélations entre les différents secteurs, avec à la clé de nouvelles opportunités sectorielles dans le monde, notamment aux États-Unis et en Europe. Au vu des valorisations élevées aux États-Unis, les services aux collectivités pourraient représenter une opportunité, tandis qu’en Europe, les secteurs plus cycliques tels que les matériaux ou la consommation discrétionnaire devraient tirer parti de la reprise économique.

Pour conclure, nous pensons qu’il est important de maintenir ses investissements et nous restons optimistes à l’égard des perspectives des actifs risqués. Cela dit, les marchés ont déjà fortement progressé en 2017 et le léger essoufflement de la dynamique ainsi que les risques géopolitiques actuels nous poussent à adopter une approche plus prudente.